Trash

Ce matin la, je me suis levé sur mes deux pieds, ni sur celui de gauche, ni sur celui de droite.

C'était une journée mitigée qui s'annonçait au travers des nuages qui surplombaient la ville. J'ai enfilé mes fringues tant bien que mal et j'ai pris la route du premier bar venu. Il me fallait ma dose de caféine et de nouvelles fraîches histoires de sortir la tête de la grisaille environnante déteignant partout sur les murs ainsi que sur les visages que je croisais dans les rues.

En lisant les gros titres j'ai tout de suite sue que c'était elle. La description que la victime en avait faite me le confirma sans appel. C'était elle qui avait tenté de me happer dans sa grande gueule béante alors que je promenais mon chien vers une heure du mat dans les rues de Calais.

Cette fois ci elle s'en était prise à un type passablement saoul qui tentait de trouver un endroit chaud ou se coucher le temps que les vapeurs d'alcool lui embuant les synapses se dissipent et qu'il puisse reprendre la route qui le ramènerai chez lui.

Les flics, vu le gabarit du type, l'avaient pris pour un dingo et à bien y réfléchir je pense que si je n'avais pas été l'une de ses victimes j'aurais agis de même. Pauvre gars, j'ose même pas imaginer ce qui lui serait arrivé si il n’avait pas pris ses jambes à son coup juste avant le coup de gueule.

Quelle salope ! Elle ne s'en prend qu'aux hommes d'après ce que les flics ont racontés au journaliste chargé de rédiger la rubrique des chiens écrasés.

J'ai l'impression qu'ils ne pourront jamais l'arrêter. En plus il se peut qu'elles agissent en bandes, elles se ressemblent toutes tant.

J'vais peut être allé témoigner bien que je risque d'atterrir en HP pour un rude moment et que je n'en ai pas trop envie. Je me vois mal leurs dire nez a nez que moi aussi j'ai faillit me faire bouffer, couper court à l'existence, cesser de fantasmer sur des regards de femmes et tout ces autres petits bonheurs un soir vers deux plombes du matin. Arrivé à ce point la de ma déclaration ils pourraient encore me croire mais c'est après que ça deviendrait folklo, lorsqu'ils me poseraient la question bête mais néanmoins nécessaire et fatidique:

- Vous pourriez la décrire avec précision Monsieur ? Sans problème Monsieur l'inspecteur :

- Un mètre vingt de haut environs, quatre coté de couleur grises, cinquante à soixante centimètre de large, un couvercle vert, et un logo de la ville ainsi qu'un numéro illisible sur la face.

J'ai bien gambergé et je ne vois pas comment je pourrais balancer aux flics que moi aussi je me suis fait agressé par une poubelle de la ville.

Je suis certain qu'ils penseraient : Encore un autre déchet humain, un de plus.